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La crise sanitaire de la Covid-19 est encore bien imprégnée dans notre quotidien. La peur et l’angoisse sont omniprésentes mais certains réussissent à tirer profit de ces événements si perturbants. On prend le temps pour soi, pour réfléchir à son avenir et se créer un futur plus serein et rempli de nouvelles aventures. 

Les frontières sont fermées, les avions sont au sol et le tourisme vit au ralenti. C’est sans doute l’occasion ou jamais de repenser le voyage et de se demander comment voyager responsable. Avant l’arrivée du Coronavirus, les destinations majeures étaient déjà en pleine réflexion en vue d’une réduction du tourisme de masse. Ces interrogations ont vite tourné court car la crise sanitaire a apporté un vide total. Un équilibre est à trouver aussi bien du côté des voyageurs que des professionnels du secteur.

Le touriste et ses pratiques désaccordées

Un touriste longuement critiqué puis rapidement désiré

Le célèbre magazine Geo a mené une enquête approfondie sur les conséquences de ce virus en Ouganda. Les touristes ont déserté les lieux, laissant la nature reprendre ses droits. Mais les braconniers en profitent et, depuis le printemps, c’est une véritable chasse ouverte qui est lancée. L’arrêt des safaris, l’un des piliers économiques du pays, fait très mal. 

La protection de la faune est en danger car les allées et venues des visiteurs réussissaient à dissuader fortement les chasseurs. De plus, le tourisme de luxe, avec ses lodges aux terrasses panoramiques, s’est tout bonnement stoppé. Entraînant des difficultés à financer les salaires des rangers et les opérations contre le braconnage à l’intérieur des parcs nationaux. Les autorités affirment que les actes en ce genre ont déjà doublé par rapport à l’année dernière.

Le tourisme, une industrie particulière

Mais ce constat ne se cantonne pas seulement à l’Afrique, il se répercute aux quatre coins du monde. Il faut reconnaître que le tourisme représente tout de même 10% du PIB mondial, et qu’il permet d’offrir un emploi à 313 millions de personnes, ce n’est pas rien ! De plus, il connaissait une croissance fulgurante avec plus d’1,5 milliard de déplacements de loisir dans l’ensemble du globe en 2019. L’Organisation Mondiale du Tourisme prévoyait de dépasser les deux milliards avant 2050 mais cela risque d’être légèrement compromis.

Comme évoqué précédemment, le voyage est une aventure pouvant allier bonheur total et désastre monumental. La troisième ressource mondiale, avant l’agroalimentaire et l’automobile, réussit à faire du profit en vendant des ressources qui ne lui appartiennent même pas. C’est à partir de ce constat que naissent les impacts environnementaux et sociaux liés à ce domaine. 

La naissance du tourisme de masse

Avec l’ouverture sur le monde, la facilité à se déplacer, la tourismophobie a fait son apparition. Les grandes villes européennes sont nombreuses à souffrir du développement massif du tourisme et du flux de voyageurs permanents qui pèsent sur leur quotidien. Les habitants ont vu, et continuent de voir, une hausse des loyers, une utilisation massive des transports en commun, une diminution des commerces de proximité, au profit de grands centres commerciaux, et surtout la multiplication des déchets…

Et cerise sur le gâteau, le moyen de transport préféré du voyageur est… l’avion. Le transport aérien est, à lui seul, responsable de 3% des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Pour se donner un ordre d’idée, la pollution numérique représente 4% et celle liée au textile et au prêt-à-porter 8%.

La crise sanitaire de la Covid-19, un révélateur

Certaines villes retrouvent leur quiétude

Le fait de devoir rester confiné dans son propre pays redonne, à certains endroits, un charme naturel. Voyager était devenu une action tellement automatique que l’on en oubliait la vraie valeur de certaines villes. Par exemple, avec la diminution des visites touristiques, les habitants de Venise ont vu revenir des poissons dans leurs canaux. Cette pandémie est une très bonne chose pour la nature mais pas seulement.

En Espagne, à Barcelone, les résidents demandent depuis des années une baisse des loyers sur les biens en location. Avec l’afflux de touristes, il devenait très difficile pour les Barcelonais de se loger à un coût raisonnable. La faible fréquentation touristique, en corrélation avec la crise sanitaire, a entraîné une transformation des logements vacanciers en locations permanentes.

En revanche, les cordonniers sont souvent les plus mal chaussés puisque ceux qui en souffrent le plus sont les professionnels du secteur. Cette crise continue de paralyser l’activité, et fragilise un bon nombre d’entreprises, dont 80% de Petites et Moyennes Entreprises. C’est également un frein pour celles qui osaient se lancer dans des pratiques favorables à l’environnement. Sans moyen financier, il est compliqué d’avancer sur ce terrain. 

Une activité prête à rebondir

Les chercheurs, étudiant ce phénomène, semblent unanimes. Il est très probable, qu’après avoir trouvé un vaccin efficace et suite à une évolution favorable et stable, les habitants du monde entier veuillent se rattraper et profitent de prix attractifs pour s’offrir des vacances tant attendues. Cependant, le monde du tourisme n’en est pas à sa première crise et a toujours su rebondir.

Lors d’attentats ou d’événements liés à la politique, il n’est pas rare que le marché touristique soit affecté. Mais un rebond triomphant prend bien souvent place peu de temps après. Le 11 septembre en est la preuve formelle. Seulement trois mois après les attentats new-yorkais de 2001, les réservations pour cette destination sont reparties à la hausse.

La frustration créée par l’interdiction de mobilité est très forte. C’est pourquoi, l’ouverture des frontières et l’autorisation des déplacements relatifs au loisir sont très attendues. Passée cette frénésie, la deuxième phase se verra plus régulatrice et fera notamment apparaître un tourisme plus vert. 

Voyager responsable, qu’est-ce que c’est ? 

Le tourisme responsable et éthique représente une manière de voyager plus respectueuse de l’environnement et des populations. En France, c’est une lutte que mène l’association des Acteurs du Tourisme Durable (ATD) représentant près de 150 organismes. 

Un enjeu humain et environnemental

En opposition totale au voyage de masse, voyager responsable est une technique encore peu connue. Pourtant, si chaque milliard de voyageurs appliquaient cette méthode, les impacts négatifs diminueraient considérablement. 

C’est surtout la surconsommation qui génère des défaillances et pose des problèmes majeurs. Les ressources naturelles se raréfient, les déchets s’accumulent dans la nature. Mais le tourisme abusif favorise la production de polluants que l’on retrouve directement dans l’eau et l’air. 

En ce qui concerne la facette sociale, là aussi des inégalités apparaissent. La construction d’hôtels, de routes ou d’attractions destinées essentiellement aux touristes, oblige les populations résidentes à se délocaliser. 

Les trois grands piliers du tourisme éthique

Cette dimension alternative du voyage repose sur trois piliers solides.

  • La participation au développement économique de manière locale

Les populations locales ne doivent pas être délaissées par les grands acteurs du tourisme. L’économie réalisée doit participer à leur épanouissement. Cet enjeu est dans les mains du touriste, qui se doit d’offrir un prix juste aux différents prestataires afin qu’ils évoluent dans de bonnes conditions de travail.

  • L’immersion totale dans la culture

En voyageant de manière éthique, les vacanciers s’immergent intégralement dans la culture du pays choisi et n’hésitent pas à se mêler aux habitants. Ils ne restent pas cloisonnés dans des hébergements conçus spécialement pour eux. Les rencontres sont remplies d’authenticité, et la découverte de la culture est inouïe. 

  • La préservation de la nature

La réduction de l’impact du tourisme sur l’environnement est une des grandes préoccupations. En choisissant un modèle alternatif pour ses voyages, le touriste responsable garde pour objectif la protection des ressources naturelles.

Qui est le voyageur responsable ?

Afin de cocher toutes les cases et être un bon touriste responsable et éthique, de bonnes pratiques sont à adopter. Voici quelques exemples, non exhaustifs, pour le devenir :

  • Le respect des populations et de la nature
  • Le shopping est local, avec des produits achetés au prix juste
  • Le confort ne doit pas être exigé si le pays ne le permet pas
  • Les émissions de CO2 doivent être compensées par des projets de développement local
  • Les transports choisis doivent être peu polluants, voire alternatifs
  • Il est préférable de voyager moins souvent mais de rester plus longtemps

Des labels référents du tourisme vert

Des labels touristiques responsables font leur apparition et sont de plus en plus nombreux dans le paysage. Cependant, la concurrence est rude et certains n’hésitent pas à utiliser ces labels à des fins commerciales qui sont tout sauf éthiques. Les principaux labels sont les suivants :

  • Agir pour un Tourisme Responsable (ATR) n’est pas vraiment un label mais bien une certification française qui récompense les voyageurs participant au développement local et à sa protection.
  • L’écolabel européen, comme son nom l’indique, se cantonne à l’Europe. Il est à destination des complexes touristiques qui ont mis en œuvre des systèmes d’économie d’eau, d’énergie et de tri des déchets.
  • La Clef Verte, que l’on trouve en Europe et en Afrique du Nord, permet de sensibiliser les employés à la protection de l’environnement. 
  • Green Globe est un label mondial. Il peut s’appliquer aux acteurs du tourisme respectant un cahier des charges précis et strict. 

Voyager responsable c’est donc voyager moins mais voyager mieux. Le respect de l’environnement et des populations permet un monde meilleur. C’est ici tout un enjeu pour laisser aux générations futures une planète gorgée de paysages fabuleux. La Covid-19 peut être un véritable révélateur d’éveil de conscience. Affaire à suivre !

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Voyager responsable, la Covid-19 éveille-t-elle les consciences ?

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