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Ethic Vie vous parle du livre de Guillaume Sommerer : Placements Verts Mythes et Réalités, ce que vous gagnerez à y investir. Deuxième partie. Elles sont caractérisées par “durables”, “responsables” ou encore “vertes”, les solutions d’investissement éthique se développent dans le paysage financier. A tel point qu’il devient difficile de faire la part des choses parmi les nombreuses offres de fonds et label ISR.

Afin d’orienter les épargnants et leur permettre d’y voir plus clair, plusieurs pays, notamment en Europe, ont développé des critères d’évaluation des fonds ainsi que des labels dits ISR. Ils sont entièrement dédiés aux Investissement Socialement Responsables. Mais sont-ils réellement fiables ?

Des indicateurs pour vous orienter vers des placements adaptés

Label ISR et fonds : un manque d’information pourtant crucial

Guillaume Sommerer donne des chiffres parlants à ce sujet : à peine 20 % des Français et 26% des détenteurs d’un produit d’épargne connaissent au moins un des quatre principaux labels de la finance responsable.

C’est dérisoire si on met ces statistiques face aux 1.700 milliards d’euros investis en assurance vie. Imaginez si cette force de financement était placée sur des fonds labellisés ou tournés vers des démarches responsables et éthiques !

Le plus connu et le plus répandu est le label ISR, l’Investissement Socialement Responsable, qui s’applique à des fonds. Mais il existe également le label CIES, le Comité Intersyndical de l’Epargne Salariale, le label Finansol ou Greenfin.  Il y en a de nombreux autres, français ou européens, et vous pouvez en découvrir certains ici :

A quoi servent les labels ?

Ces quatre labels permettent déjà de guider nos choix et de sélectionner au mieux nos investissements responsables par leur transparence et leurs organismes de contrôles… C’est un bon début, non ?

Ils sont présents dans quasiment tous les véhicules d’investissements : de la SCPI à l’assurance-vie en passant par le compte-titres, le PEA (Plan d’Epargne en Actions), les livrets d’épargne, l’épargne salariale ou encore les contrats retraites types PER (Plan d’Epargne Retraite), Madelin, PERP (Plan d’Epargne Retraite Populaire), les actions en direct…

Ces labels suivent des cahiers des charges très précis et ne sont attribués qu’après des analyses poussées par les organismes indépendants les délivrant. La transparence exigée pour les produits labellisés a de quoi rassurer à juste titre. 

Sont-ils vraiment fiables ?

Cependant, nous sommes obligés de constater la facilité de certains acteurs à utiliser les termes ISR sans en avoir le label pour attirer les épargnants sur leurs fonds. Là encore, seule votre vigilance permettra de faire le tri.

 

fonds labels isr

Source : https://blocnotesdeleco.banque-france.fr/billet-de-blog/labels-dinvestissement-responsable-en-france-quel-bilan

 

Les fonds labellisés ne sont pas tous engagés de la même manière et ne défendent pas tous les mêmes causes. Il n’est pas toujours évident de les comparer. A titre d’exemple, les fonds ISR peuvent inclure des sociétés polluantes telles que Total, tandis que le label Greenfin exclura les entreprises liées de trop près aux énergies fossiles. 

Le cas de Total est tout à fait intéressant pour illustrer les différences de visions au sein même des labels d’investissements responsables. Si Greenfin l’écarte à cause de son activité pétrolière, les fonds ISR se baseront sur d’autres critères et notamment les efforts du géant pour verdir son activité mais également sur les ressources engagées dans la recherche de solutions alternatives au pétrole, ou encore sur son impact positif en matière d’emploi, d’intégration et de promotion interne. 

Un encouragement pour aller plus loin

Le label peut donc aussi être une source de reconnaissance et d’encouragement des efforts d’une entreprise. Les produits labellisés sont de bons curseurs pour établir une allocation de portefeuille responsable mais ils sont encore marginaux si on les rapporte à l’étendue du paysage financier. 

En conséquence, ils ne permettent pas une diversification suffisante si on se limite aux fonds labellisés. D’autant plus qu’ils ne sont pas tous référencés chez chaque distributeur. Selon votre contrat ou votre produit d’épargne vous n’aurez donc pas accès à l’ensemble de l’offre labellisée existante.

Au delà des labels, d’autres indicateurs existent

Même sans label ISR pour attester des fonds, il existe des produits d’épargne et d’investissement innovants et résolument tournés vers des valeurs éthiques. 

Les critères ESG : définition

On parle de plus en plus de critères ESG (Environnement, Social, Gouvernance), l’opinion publique et les réglementations poussent l’ensemble des acteurs économiques à s’inscrire dans cette démarche et à proposer des produits répondant à ces attentes et contraintes.

Ces critères ESG sont prometteurs. Néanmoins, comment ne pas penser au greenwashing et comment vérifier les méthodologies de calculs de ces critères ? Les communications sont agressives pour convaincre le souscripteur de la démarche responsable d’un produit financier. L’AMF (L’Autorité des Marchés Financiers) alertait d’ailleurs avec ce chiffre : au second semestre 2019, 23% des publicités financières mettaient en avant la thématique finance durable. Le terme est ainsi utilisé à tort et à travers sans aucune régulation.

A qui faire confiance ?

Comment avoir véritablement confiance en leur promesse ? Il est déjà compliqué de choisir un placement, alors décortiquer des fonds pour en comprendre les racines et en vérifier les méandres : c’est le mal de crâne assuré ! L’ouvrage le souligne très bien « les sociétés de gestion mesurent souvent elles-mêmes la qualité environnementale et sociale de leurs portefeuilles et des entreprises ou des actifs qui les composent ». 

A partir de ce constat, la question est simple « L’indépendance des mesures peut-elle être garantie si le détenteur des portefeuilles définit lui-même les critères d’évaluation de ses produits ? ». Pas évident cependant d’y répondre. Chaque société de gestion élabore son propre mode de calcul de l’impact environnemental et social des entreprises détenus dans ses portefeuilles. 

L’exemple parlant de Facebook

Difficile d’avoir confiance dès lors que la société de gestion est juge et partie. Chacune d’elle cherche cependant à définir la méthode la moins contestable possible en s’entourant parfois d’organismes extérieurs mais là encore il n’est pas aisé de croire en l’impartialité. Le traitement des données et leur interprétation peuvent toujours donner matière à contestation.

Guillaume Sommerer évoque un exemple parlant à travers la société Facebook : pour certaines sociétés de gestion, Facebook rapproche les individus et participe à la liberté d’expression. Pour d’autres, il enferme chacun dans son cercle amical, traque les utilisateurs pour mieux monétiser leurs habitudes tout en aggravant les émissions de CO2 à travers l’usage des data centers très énergivores. Ainsi vous retrouverez Facebook dans certains portefeuilles ESG alors qu’il sera exclu de certains autres. 

L’hétérogénéité des analyses portent à confusion jusqu’à parfois se contredire

Autre exemple, si certaines sociétés créent des emplois alors on peut estimer que son empreinte sociale est positive et l’ajouter à un portefeuille ESG tournés vers des critères responsables. Mais si on va plus loin et que les emplois créés sont en fait très précaires et mal rémunérés, peut-on sincèrement parler d’empreinte sociale positive ?

Une uniformisation des règles à envisager

Dans la même idée, les critères peuvent varier radicalement d’un pays à l’autre. A ce titre, la France considère le nucléaire comme énergie verte contrairement à l’Allemagne. Telles sont les limites des critères ESG : chacun compose avec ses propres données, sa propre vision et selon ses propres intérêts. Les contrôles sont inexistants, la transparence peu satisfaisante et les modes de calculs sont extrêmement variés d’un émetteur de produit à l’autre.

C’est là que vos convictions entrent en jeu afin d’être en accord avec vos choix d’investissement. Lorsque vous faites vos courses, même si le packaging est attractif, vous regardez tout de même la composition de votre produit alimentaire, d’hygiène ou même ménager. Vous les comparez et vous tentez de choisir le meilleur rapport qualité prix ? Eh bien c’est la même chose avec les produits de votre épargne : regardez la liste des composants !

Devenez acteur de votre épargne

Bien évidemment, le plus sûr reste de se faire accompagner par un spécialiste de l’investissement financier en qui vous avez confiance et lui poser toutes ces questions. Néanmoins, il est souvent rassurant d’aller plus loin qu’un discours.  Vous devez être acteur de votre épargne, à vous d’être curieux et d’aller chercher l’information la plus transparente possible.

Naturellement, il n’existe pas de produits miracles, ils présentent tous un risque mais au même titre que tout autre produit classique. Et on ne rappellera jamais assez : un investissement financier doit être adapté à votre horizon de placement, vos objectifs d’investissement et à votre situation patrimoniale.

Performance et épargne responsable ne sont pas incompatibles

L’une des solutions intéressantes proposées aujourd’hui est effectivement le fonds thématique. Les sociétés de gestion sélectionnent des entreprises, liées à un thème social et/ou environnemental très ciblé et clairement annoncé, permettant ainsi aux épargnants de choisir les causes dans lesquelles ils souhaitent investir. 

Des fonds thématiques : responsables et performants

Ces fonds permettent de diriger son épargne vers des secteurs précis et de l’orienter selon ses convictions. Leur performance n’ont rien à envier aux autres fonds de la place.

Guillaume Sommerer évoque, entre autres, les produits financiers boursiers et l’impact de cette vague verte et responsable sur des acteurs ancrés depuis longtemps dans le paysage financier. Un nouvel indice boursier vient d’ailleurs de faire son entrée sur les marchés et son nom parle de lui-même : le CAC 40 ESG.

La Bourse « offre aux épargnants l’un des supports les plus accessibles pour à la fois donner du sens à leur épargne et espérer gagner de l’argent dans la durée ». En effet, ce postulat est pertinent puisque l’épargnant peut choisir directement les entreprises à soutenir et faire le choix de secteurs d’avenirs.

Les entreprises durables sont-elles plus résilientes ?

Une donnée est également incroyablement révélatrice de la résilience des portefeuilles responsables. Lors de la première vague du Covid-19 en mars 2020, ils ont très bien résisté à l’effondrement des marchés boursiers. Les entreprises responsables, tournées vers les enjeux d’avenir, bénéficient de la confiance des investisseurs. Elles sont ainsi mieux à même de faire face à une tempête boursière. Les critères ESG contribuent donc à la performance des entreprises et semblent même les renforcer, cela ressemble quand même beaucoup à un couple gagnant-gagnant, non ?

Les entreprises responsables sont directement récompensées et ce constat encourage évidemment d’autres entreprises à suivre la voie ! Encore quelques efforts, quelques générations et peut-être pouvons nous espérer une généralisation des bonnes pratiques grâce à la promesse d’un accueil favorable des investisseurs et de performance sur la durée ?

Ne pas se précipiter : la clé d’un investissement raisonné

Si le tableau pousse à la rêverie, certains acteurs alertent cependant sur les risques d’une bulle spéculative verte : « les entreprises qui répondent aux critères ESG ne sont pas assez nombreuses pour contenir la demande : en conséquence, les prix de ses actifs verts augmentent et le risque est de se retrouver face à une survalorisation ».

Il est donc important d’éviter un effet de mode dont les conséquences pourraient faire reculer ces belles initiatives, restons raisonnable et laissons le temps aux entreprises et aux acteurs économiques de prendre des virages pérennes.

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Comment s’y retrouver dans la jungle des labels ISR et des fonds ? (2/3)

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